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Indiana : l'Indy 500, les dunes et le basket

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Indiana : l'Indy 500, les dunes et le basket

L’Indiana est l’État qu’on ne regarde pas. Des millions d’Américains le traversent chaque année sur l’autoroute, entre Chicago et l’Ohio, sans jamais en sortir. Résultat, il passe pour une simple zone de transit, plate et sans relief. C’est passer à côté d’un État qui organise la plus grande course automobile d’un jour au monde, qui vit le basket comme une religion, et qui cache au bord du lac Michigan des dunes de sable hautes comme des immeubles.

On l’appelle le « Hoosier State », sans que personne ne sache vraiment d’où vient le mot. Son slogan officiel, « Crossroads of America », dit bien les choses : plus d’autoroutes s’y croisent que presque partout ailleurs. Mais il suffit de quitter l’axe principal pour trouver des collines boisées, des villages amish, des ponts couverts et des petites villes qui ont gardé leur Amérique d’autrefois.

L’Indiana en bref

  • Capitale et plus grande ville : Indianapolis
  • Population : environ 6,9 millions d’habitants
  • Superficie : environ 94 000 km², un peu plus de trois fois la Belgique
  • Entrée dans l’Union : 1816, 19e État
  • Fuseau horaire : heure de l’Est pour la plus grande partie (6 heures de moins qu’à Bruxelles), heure du Centre pour les coins nord-ouest (près de Chicago) et sud-ouest
  • Surnom : Hoosier State
  • Point culminant : Hoosier Hill, 383 mètres

Géographie : du lac Michigan à la rivière Ohio

Le nord borde le lac Michigan sur une soixantaine de kilomètres, entre les aciéries de Gary et les dunes. Plus à l’est, autour d’Elkhart et de Shipshewana, s’étend l’une des plus grandes communautés amish du pays.

Le centre est une vaste plaine agricole de maïs et de soja, avec Indianapolis au milieu.

Le sud change complètement : des collines boisées, des grottes, des lacs et des petites villes au bord de la rivière Ohio, qui marque la frontière avec le Kentucky. C’est la partie la plus jolie de l’État.

Un peu d’histoire

Les Miamis, les Potawatomis, les Shawnees et d’autres peuples vivaient dans la région quand les Français y installent des postes de traite au XVIIIe siècle, comme Vincennes. Après la guerre d’indépendance, les colons américains affluent, et les nations amérindiennes sont repoussées ou déportées, notamment lors de la « Piste de la mort » des Potawatomis en 1838.

L’Indiana devient un État en 1816. Abraham Lincoln y passe une partie de son enfance, de 7 à 21 ans. Au XIXe et au XXe siècle, l’État s’industrialise : acier à Gary, automobile à Indianapolis et South Bend (Studebaker), pharmacie (Eli Lilly). La course des 500 Miles d’Indianapolis est lancée en 1911.

Carte — Indiana et les lieux cités dans l’article

Les incontournables

Indianapolis et l’Indy 500

Indianapolis doit sa renommée mondiale à une course : les 500 Miles d’Indianapolis, disputées chaque année fin mai depuis 1911 sur l’Indianapolis Motor Speedway. Avec plus de 300 000 spectateurs, c’est l’événement sportif d’un jour le plus fréquenté au monde. Tout le mois de mai, la ville vit au rythme du « 500 Festival », avec défilé et fêtes de quartier. Hors période de course, on visite le musée du circuit et on peut faire un tour de piste en bus. La tradition veut que le vainqueur embrasse la ligne de briques d’arrivée.

La ville elle-même est plus agréable qu’on ne le croit. Le centre s’organise autour du Monument Circle, le Cultural Trail relie les quartiers à vélo, et le canal se longe à pied. L’Indianapolis Children’s Museum est le plus grand musée pour enfants du monde, avec des dinosaures grandeur nature. Et le musée Kurt Vonnegut rend hommage à l’écrivain, natif de la ville. Plus d’idées sur Visit Indy.

Indiana Dunes

Le parc national d’Indiana Dunes, devenu parc national en 2019, protège une vingtaine de kilomètres de plages et de dunes sur la rive sud du lac Michigan, dont certaines atteignent près de 60 mètres. On s’y baigne l’été comme à la mer, on grimpe les trois dunes du « 3 Dune Challenge » dans le parc d’État voisin (le Mount Baldy, lui, ne se gravit qu’avec un ranger), et on observe les oiseaux migrateurs. C’est sur ces dunes qu’est née, au début du XXe siècle, l’écologie scientifique aux États-Unis. Petite bizarrerie : depuis certaines plages, on voit les cheminées des aciéries voisines et, par temps clair, les gratte-ciel de Chicago.

Le sud : collines, grottes et ponts couverts

Le Brown County State Park est le plus grand parc d’État de l’Indiana, surnommé les « Little Smokies ». Ses collines boisées se couvrent de couleurs à l’automne. La petite ville voisine de Nashville (rien à voir avec celle du Tennessee) est une colonie d’artistes depuis un siècle, avec galeries et boutiques. Bloomington, ville universitaire animée, est à vingt minutes.

À l’ouest, le comté de Parke se proclame « capitale mondiale des ponts couverts », avec une trentaine de ponts en bois du XIXe siècle. Chaque octobre, son festival attire des foules. Plus au sud, les grottes de Marengo et de Bluespring se visitent, et Madison, au bord de l’Ohio, est une jolie ville du XIXe siècle.

French Lick et West Baden

Au sud-ouest, French Lick et West Baden Springs étaient au début du XXe siècle des stations thermales à la mode, où venaient présidents et gangsters. L’hôtel West Baden Springs possède un atrium circulaire coiffé d’un dôme qui fut, à sa construction en 1902, le plus grand dôme sans pilier du monde. Les deux hôtels ont été restaurés avec soin. French Lick est aussi la ville natale de Larry Bird, légende des Boston Celtics.

Santa Claus, Lincoln et New Harmony

Dans le sud, une petite ville s’appelle vraiment Santa Claus. Son bureau de poste reçoit des milliers de lettres d’enfants chaque décembre, et des bénévoles leur répondent. On y trouve aussi le parc d’attractions Holiday World. Juste à côté, le Lincoln Boyhood National Memorial protège la ferme où Abraham Lincoln a grandi et la tombe de sa mère.

À l’extrême sud-ouest, New Harmony a accueilli au XIXe siècle deux communautés utopistes successives. Le village a gardé ses maisons d’époque et un labyrinthe.

Columbus, capitale de l’architecture moderne

C’est l’une des plus grandes surprises de l’État. Dans cette ville de 50 000 habitants, l’entreprise Cummins a financé depuis les années 1950 des écoles, des églises et des bâtiments publics conçus par les plus grands architectes (Eero Saarinen, I. M. Pei, Richard Meier…). Le résultat : une densité d’architecture moderne unique aux États-Unis, à découvrir en visite guidée.

Le nord : le pays amish et Notre-Dame

Autour de Shipshewana, de Middlebury et de Nappanee, on partage la route avec les calèches noires des Amish. Marchés, fermes et restaurants familiaux permettent de découvrir cette communauté, à condition de respecter leur refus d’être photographiés. À South Bend, le campus de l’université de Notre-Dame, avec son dôme doré et son équipe de football mythique, et le musée Studebaker méritent la visite.

Idées d’itinéraires

4-5 jours, le sud en automne. Indianapolis (1 jour) → comté de Parke et ses ponts couverts → Bloomington et Brown County → Columbus → French Lick → Santa Claus et Lincoln. Idéalement entre fin septembre et mi-octobre.

Un week-end depuis Chicago. Indiana Dunes (1 jour) → pays amish (1 jour) → South Bend.

En combinaison. L’Indiana se combine avec Chicago, Louisville (Kentucky, juste de l’autre côté de la rivière Ohio) ou Cincinnati (Ohio).

Côté assiette

  • Le pork tenderloin sandwich : une escalope de porc aplatie, panée et frite, deux fois plus grande que le pain. La spécialité de l’État.
  • La sugar cream pie, la tarte officielle de l’Indiana, à la crème et au sucre, héritée des communautés amish et shakers.
  • Le persimmon pudding, un gâteau aux kakis sauvages, célébré chaque automne à Mitchell.
  • Le cocktail de crevettes du St. Elmo Steak House, à Indianapolis, célèbre pour sa sauce au raifort qui fait pleurer.
  • La cuisine amish : poulet frit, purée, pain maison et tartes.
  • Le pop-corn : Orville Redenbacher, dont la marque est connue dans tout le pays, était originaire de l’Indiana et y a développé ses variétés de maïs à éclater.

Culture et anecdotes

  • La « Hoosier Hysteria » : le basket scolaire est une passion. Jusqu’en 1997, le championnat des lycées réunissait tous les établissements, petits et grands, dans un seul tableau. En 1954, le minuscule lycée de Milan a battu une grande école d’Indianapolis, une histoire qui a inspiré le film Le Grand Défi 🎬 (Hoosiers). Certains gymnases de lycée peuvent accueillir plus de 9 000 personnes.
  • Michael Jackson et ses frères sont nés à Gary. La maison familiale, toute petite, se voit de l’extérieur.
  • James Dean a grandi à Fairmount, qui lui consacre un musée et un festival.
  • La tradition du lait : depuis les années 1930, le vainqueur de l’Indy 500 boit une bouteille de lait sur le podium.
  • Le changement d’heure : l’Indiana n’a adopté l’heure d’été dans tout l’État qu’en 2006.

Quand partir ?

  • Printemps (mai-juin) : le mois de mai à Indianapolis, pour l’Indy 500 et le festival, et des températures agréables. Attention aux orages et tornades.
  • Été (juillet-août) : chaud et humide, parfait pour les dunes et les lacs.
  • Automne (fin septembre à fin octobre) : la plus belle période pour le sud, les collines et les ponts couverts.
  • Hiver : froid et gris, avec de la neige, surtout près du lac Michigan. Peu d’intérêt, sauf pour les matchs de basket.

Infos pratiques

  • Durée conseillée : 4 à 5 jours pour Indianapolis et le sud, ou quelques étapes dans un voyage plus large dans le Midwest.
  • Arriver : l’aéroport d’Indianapolis est desservi en correspondance. Chicago est à 3 heures de route.
  • Se déplacer : la voiture est indispensable en dehors d’Indianapolis.
  • Budget : l’un des États les plus abordables du pays, sauf pendant l’Indy 500, où les prix explosent.
  • Précautions : dans le pays amish, ralentissez sur les routes de campagne, les calèches sont lentes et peu visibles la nuit.
  • Le conseil en plus : pour l’Indy 500, réservez billets et hébergement des mois à l’avance. Pour les couleurs d’automne, visez la mi-octobre.

La playlist du roadtrip

  1. The Jackson 5ABCSpotifyYouTube
  2. John MellencampSmall TownSpotifyYouTube
  3. Louis Armstrong(Back Home Again in) IndianaSpotifyYouTube