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Photographier et filmer aux États-Unis : lumière, règles et drones

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Photographier et filmer aux États-Unis : lumière, règles et drones

Aux États-Unis, le paysage fait la moitié du travail : vous sortez le téléphone et la photo est déjà belle. La moitié seulement, parce que la lumière de midi écrase tout, que les lieux les plus connus sont pris d’assaut, et que les règles sur les drones sont plus strictes que beaucoup ne le croient.

Voici ce qui fait la différence, quel que soit votre appareil.

La lumière avant tout

Dans l’Ouest, la roche rouge change de couleur au fil de la journée. La même butte est orange vif à 6 heures et beige terne à 13 heures.

  • L’heure dorée, la première heure après le lever du soleil et la dernière avant le coucher, donne les couleurs chaudes et les ombres longues.
  • L’heure bleue, juste avant le lever et après le coucher, convient aux villes et aux silhouettes.
  • Le milieu de journée est le pire moment pour les grands paysages, mais le meilleur pour les canyons étroits comme Antelope Canyon, où la lumière descend alors jusqu’au fond.
  • Les jours nuageux sont parfaits pour les forêts et les cascades.

Quelques repères d’orientation

Lieu Meilleur moment
Monument Valley, les Mittens depuis le centre d’accueil Lever du soleil pour les silhouettes, fin d’après-midi pour les couleurs
Bryce Canyon, Sunrise et Sunset Point Lever du soleil
Grand Canyon, rive sud Lever et coucher, depuis les points de vue de Desert View Drive et de Hermit Road
Horseshoe Bend Milieu de matinée, ou coucher du soleil à contre-jour
Zion, le Watchman depuis le pont Coucher du soleil
Yosemite, Tunnel View Fin d’après-midi
Golden Gate Bridge Matin depuis le côté est, soir depuis Baker Beach ou les Marin Headlands
Manhattan depuis Brooklyn Coucher du soleil et heure bleue

Une application comme PhotoPills ou Sun Surveyor indique où le soleil se lèvera et se couchera à un endroit donné.

On garde un souvenir très fort du lever du jour sur les Mittens, vu depuis notre cabine à Monument Valley, et du lever de soleil à Bryce Canyon. Dans les deux cas, le réveil a sonné très tôt.

Éviter la foule

  • Arrivez avant le lever du soleil. À 6 heures, les points de vue les plus célèbres sont presque vides. À 10 heures, il faut jouer des coudes.
  • Marchez dix minutes. La plupart des visiteurs ne s’éloignent pas du parking.
  • Soyez patients : les groupes passent par vagues, et il y a toujours un creux.
  • Cherchez un autre angle que la photo vue mille fois.

Les règles à connaître

Dans les parcs nationaux

  • Photographier pour son plaisir est libre et ne demande aucun permis, y compris avec un trépied.
  • Restez sur les sentiers et derrière les barrières. Aucun cliché ne justifie de piétiner une prairie ou de s’approcher du vide.
  • Respectez les distances avec les animaux : 23 mètres, et 91 mètres pour les ours et les loups (voir la faune sauvage). Un téléobjectif fait le travail.
  • N’attirez pas les animaux avec de la nourriture ou des cris.

Sur les terres navajos

  • Trépieds, perches et sacs sont interdits dans les visites classiques d’Antelope Canyon. Filmer y est interdit, sans exception ; les photos, elles, ne posent aucun souci.
  • On ne photographie pas les habitants sans leur accord.
  • Voir visiter les terres navajos.

En ville

  • Dans la rue, on photographie librement. Par courtoisie, demandez avant un portrait.
  • Les trépieds sont refusés dans la plupart des observatoires (Empire State Building, Top of the Rock) et dans beaucoup de musées.
  • Certains musées interdisent le flash, d’autres toute photo dans les expositions temporaires.
  • Aux contrôles de sécurité, à l’aéroport et à l’immigration, on ne photographie pas.

Les drones : interdits presque partout où l’on voudrait

C’est le sujet qui vaut le plus d’amendes aux voyageurs.

Où c’est interdit

  • Dans tous les sites du National Park Service : parcs nationaux, monuments nationaux, zones de loisirs, y compris la statue de la Liberté. L’interdiction porte sur le décollage, l’atterrissage et le pilotage depuis le sol du parc. L’amende peut atteindre 5 000 dollars, avec confiscation du matériel.
  • Sur tout le territoire navajo, Monument Valley compris.
  • Dans les zones classées wilderness.
  • Dans beaucoup de parcs d’État : chaque État, parfois chaque parc, a sa règle.
  • Autour des aéroports, au-dessus des stades et des foules, à Washington, et près des incendies de forêt.
  • Dans de nombreuses villes, dont la plupart des parcs de New York.

Où c’est en général possible

  • Dans les forêts nationales et sur les terres du BLM, en dehors des zones wilderness et des restrictions locales.
  • Au-dessus de terrains privés, avec l’accord du propriétaire.

Même là, des restrictions locales existent : renseignez-vous auprès du bureau des rangers du secteur.

Les démarches pour un visiteur étranger

L’aviation civile américaine (FAA) applique aux touristes les règles du vol de loisir :

  1. Passer le test TRUST, gratuit, en ligne, en anglais. Il prend une demi-heure et ne peut pas être raté : on corrige ses erreurs au fur et à mesure. Gardez le certificat sur vous.
  2. Enregistrer le drone sur le site FAADroneZone s’il pèse plus de 250 grammes : 5 dollars pour trois ans. Le numéro obtenu doit figurer sur l’appareil. Pour un visiteur étranger, cet enregistrement vaut reconnaissance de propriété.
  3. Respecter l’identification à distance (Remote ID) pour tout drone soumis à enregistrement. Les modèles récents l’intègrent.

Un drone de moins de 250 grammes échappe à l’enregistrement, pas aux autres règles.

De notre côté, on voyage avec deux drones DJI qu’on adore, tous deux sous les 250 grammes : le Neo 2, un tout petit modèle qui nous suit tout seul, et le Mini 3. Avant chaque vol, on vérifie dans l’application Air Aware que la zone est autorisée.

Les zones interdites ne sont pas toutes permanentes. À Vero Beach, en Floride, on n’a pas pu faire voler le drone : le président américain se trouvait à Palm Beach, et le vol était temporairement interdit dans la région.

Les règles de vol

  • 120 mètres de hauteur maximum (400 pieds).
  • Toujours à vue.
  • Pas au-dessus des gens ni des véhicules en mouvement.
  • Pas dans un espace aérien contrôlé sans autorisation. Les applications agréées par la FAA, comme Aloft ou AutoPilot, indiquent où l’on peut voler et délivrent l’autorisation en quelques secondes.
  • Priorité absolue aux avions et aux hélicoptères.

En avion, les batteries voyagent en cabine, bornes protégées, jamais en soute.

Les règles évoluent : vérifiez sur faa.gov/uas avant le départ.

Le matériel utile en road trip

  • Un filtre polarisant pour un appareil à objectif : il fonce le ciel, enlève les reflets sur l’eau et ravive la roche.
  • Un trépied léger, pour les levers de soleil et les étoiles.
  • Un chiffon et une poire soufflante : la poussière du désert entre partout. Changez d’objectif dans la voiture, portières fermées.
  • Plusieurs batteries et un chargeur sur la prise de la voiture.
  • Une housse de pluie ou un sac plastique, pour les embruns des chutes de Yosemite.

La chaleur. Un appareil ou un téléphone laissé sur le tableau de bord s’éteint, et les batteries n’aiment pas ça. Rangez tout à l’ombre, sous un siège.

Le froid. Les batteries se vident deux fois plus vite. Gardez-en une dans une poche intérieure.

Photographier les étoiles

Loin des villes, le ciel de l’Ouest est l’un des plus noirs qu’on puisse voir. Bryce Canyon, la Death Valley, Capitol Reef, Canyonlands et Natural Bridges sont des réserves de ciel étoilé reconnues.

  • Visez la nouvelle lune, et l’été pour voir le cœur de la Voie lactée.
  • Réglages de départ avec un appareil sur trépied : grand-angle, ouverture maximale, 15 à 20 secondes de pose, 3 200 ISO.
  • Les téléphones récents ont un mode nuit qui donne de bons résultats, posés sur un rocher.
  • Utilisez une lampe rouge pour ne pas éblouir les autres.

Beaucoup de parcs organisent des soirées d’observation avec des rangers et des télescopes.

Sauvegarder ses photos

Perdre trois semaines de photos est le pire souvenir qu’on puisse rapporter.

  • Deux copies au minimum, à deux endroits différents. Les cartes mémoire dans le sac, la copie dans la valise.
  • Plusieurs cartes mémoire plutôt qu’une seule très grande, et ne les effacez pas avant le retour.
  • Un disque SSD externe ou un ordinateur pour copier chaque soir.
  • La sauvegarde en ligne (iCloud, Google Photos) pour le téléphone. Lancez-la sur le wifi de l’hôtel, branché sur secteur, et laissez-la tourner la nuit. Le wifi des motels est lent : n’attendez pas dix jours.
  • Les vidéos remplissent très vite le téléphone. Vérifiez l’espace libre avant de partir.