État de Washington : Seattle, volcans et forêts pluviales
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Première chose à savoir : l’État de Washington n’a rien à voir avec Washington D.C. La capitale fédérale est à plus de 4 000 kilomètres, sur la côte Est. Ici, on est dans l’angle nord-ouest des États-Unis, entre le Pacifique et le Canada, et les Américains disent « Washington State » pour éviter la confusion. Ou simplement « le Pacific Northwest ».
C’est un État de nature grandiose, souvent sous la pluie, il faut bien le dire. En quelques heures de route, on passe de la forêt pluviale tempérée de la péninsule Olympique aux glaciers des volcans des Cascades, puis à un est sec et ensoleillé, fait de collines de blé, de vignobles et de canyons. Au milieu, Seattle, ville du café, du grunge, d’Amazon et de Microsoft, posée entre la mer et les montagnes. Pour les amoureux de grands espaces verts, c’est l’un des plus beaux États du pays.
Washington en bref
- Capitale : Olympia
- Plus grande ville : Seattle
- Population : environ 8 millions d’habitants
- Superficie : environ 184 800 km², six fois la Belgique
- Entrée dans l’Union : 1889, 42e État
- Fuseau horaire : heure du Pacifique (9 heures de moins qu’à Bruxelles)
- Surnom : Evergreen State, pour ses forêts toujours vertes
- Point culminant : le mont Rainier, 4 392 mètres
Géographie : deux États séparés par les Cascades
L’ouest des Cascades est humide et vert : la péninsule Olympique, avec ses montagnes et sa côte sauvage, et le Puget Sound, un bras de mer découpé en îles et en baies, où vivent la plupart des habitants (Seattle, Tacoma, Everett, Olympia).
La chaîne des Cascades traverse l’État du nord au sud, avec ses volcans enneigés : le Baker, le Rainier, le St. Helens et l’Adams.
L’est des Cascades est sec, à l’abri de la pluie : vergers de la vallée de la Wenatchee, vignobles de Yakima et de Walla Walla, collines de blé de la Palouse, canyons des Channeled Scablands et le fleuve Columbia, avec ses grands barrages.
Un peu d’histoire
De nombreux peuples vivaient ici : sur la côte, les Makahs, les Duwamishs ou les Suquamishs vivaient de la pêche au saumon et de la chasse à la baleine, et construisaient des maisons longues en cèdre. À l’intérieur, les Yakamas, les Spokanes, les Nez-Percés et d’autres vivaient des plaines et des rivières. Seattle porte le nom du chef Si’ahl, des Duwamishs et des Suquamishs.
Les explorateurs espagnols et britanniques arrivent à la fin du XVIIIe siècle, puis les trappeurs et les pionniers de la piste de l’Oregon. En 1846, un traité fixe la frontière avec le Canada britannique. L’État entre dans l’Union en 1889. Seattle grandit en servant de base de départ pour la ruée vers l’or du Klondike, en 1897. Au XXe siècle, les barrages du Columbia (dont Grand Coulee) apportent l’électricité, Boeing fait de la région un géant de l’aéronautique, puis Microsoft, Amazon et Starbucks y naissent. Le 18 mai 1980, l’éruption du mont St. Helens fait 57 morts et arrache le sommet du volcan.

Les incontournables
Seattle
Seattle mérite deux ou trois jours. Le Pike Place Market, ouvert en 1907, est l’un des plus anciens marchés publics des États-Unis encore en activité, avec ses poissonniers qui se lancent des saumons entiers par-dessus l’étal. Juste en face se trouve le plus ancien Starbucks encore ouvert, où la file d’attente est souvent longue. Sous le marché, le Gum Wall est un mur recouvert de chewing-gums.
La Space Needle, construite pour l’Exposition universelle de 1962, domine le Seattle Center, qui abrite aussi le Museum of Pop Culture, un bâtiment tout en courbes colorées de Frank Gehry consacré à la musique (Jimi Hendrix, Nirvana) et à la science-fiction, et le Chihuly Garden and Glass, des sculptures de verre spectaculaires. On prend aussi le ferry vers Bainbridge Island pour la vue sur la ville et, par temps clair, sur le Rainier. Le quartier de Fremont a un troll géant sous un pont et une statue de Lénine.
Au nord de Seattle, à Everett, on peut visiter l’usine d’assemblage de Boeing, dans l’un des plus grands bâtiments du monde en volume.
Le mont Rainier
Par temps clair, le mont Rainier, un volcan couvert de glaciers de 4 392 mètres, domine tout le paysage de Seattle. Le parc national du Mount Rainier attire les randonneurs pour ses prairies de fleurs sauvages en été, autour de Paradise et de Sunrise, le point le plus haut accessible en voiture. Le Skyline Trail, à Paradise, offre des vues sur les glaciers. Ces dernières années, une réservation horaire a été demandée en été pour certaines entrées : vérifiez sur le site du parc avant de partir.
La péninsule Olympique
Le parc national Olympic réunit trois mondes en un : des plages sauvages couvertes de troncs d’arbres rejetés par l’océan, comme Rialto Beach et Ruby Beach, des montagnes enneigées culminant au mont Olympus (2 432 mètres), avec le point de vue de Hurricane Ridge, et surtout la Hoh Rain Forest, une forêt pluviale tempérée où la mousse pend des érables géants. Il y tombe plus de 3 mètres de pluie par an. Le lac Crescent, aux eaux turquoise, est l’un des plus beaux du parc.
Autour du parc, Forks, la petite ville de la saga Twilight 🎬, en a fait son attraction, et Cape Flattery, sur la réserve makah, est le point le plus au nord-ouest des États-Unis contigus. Port Townsend est une jolie ville victorienne au bord de la mer.
Les North Cascades
Au nord, la North Cascades Highway, ou route 20, traverse le parc national des North Cascades, des montagnes si découpées et si couvertes de glaciers qu’on les surnomme les « Alpes américaines ». Le lac Diablo, d’un bleu turquoise laiteux, est l’arrêt photo incontournable, et le parc est beaucoup plus tranquille que le Rainier. La route est fermée par la neige en général de novembre à avril ou mai.
Les îles San Juan
Dans le détroit qui sépare Washington de l’île de Vancouver, les îles San Juan se rejoignent en ferry depuis Anacortes. La traversée est déjà un plaisir, entre les îles boisées. On y observe les orques, notamment depuis le Lime Kiln Point State Park, sur San Juan Island, ou lors de sorties en bateau, ainsi que des phoques et des aigles pygargues. Friday Harbor est un joli port, et Orcas Island a le mont Constitution et sa vue sur tout l’archipel.
Le mont St. Helens
Au sud de l’État, le mont St. Helens a perdu 400 mètres de hauteur lors de l’éruption de 1980. Le Johnston Ridge Observatory, face au cratère, a longtemps été le meilleur point de vue, mais un glissement de terrain a coupé la route d’accès en 2023, et sa réouverture n’est pas attendue avant 2027 : vérifiez son état avant de partir. Le Ape Cave, un long tunnel de lave qu’on parcourt avec une lampe frontale, et le Windy Ridge, à l’est, sont d’autres façons de découvrir le volcan.
La Cascade Loop et Leavenworth
La Cascade Loop est un circuit d’environ 700 kilomètres au départ de Seattle. Elle traverse la vallée de la Skagit, couverte de champs de tulipes en avril, la North Cascades Highway, la vallée du Methow et son village western de Winthrop, le lac Chelan, puis Leavenworth, une petite ville qui s’est entièrement reconvertie en village bavarois dans les années 1960, avec son Oktoberfest et son marché de Noël, avant de rentrer par le col de Stevens.
L’est de l’État
L’est de Washington est méconnu. Autour de Walla Walla et de la vallée de Yakima, les vignobles ont fait de Washington le deuxième État producteur de vin du pays, derrière la Californie. La Palouse, avec ses collines de blé ondulantes, est un paradis de photographes, surtout au début de l’été. Les Palouse Falls, une cascade de 60 mètres au fond d’un canyon, et les Channeled Scablands, des canyons creusés par des inondations géantes à la fin de la dernière glaciation, sortent de l’ordinaire. Le barrage de Grand Coulee, sur le Columbia, est l’un des plus grands ouvrages en béton du pays.
Idées d’itinéraires
10-14 jours, la grande boucle. Seattle (2-3 jours) → mont Rainier (2 jours) → mont St. Helens → péninsule Olympique (3 jours) → Port Townsend → îles San Juan (2 jours) → North Cascades → Leavenworth → Seattle.
Une semaine. Seattle (2 jours) → péninsule Olympique (2-3 jours) → mont Rainier (2 jours).
En combinaison. Washington se combine avec l’Oregon (Portland est à 3 heures de Seattle), la Colombie-Britannique (Vancouver est à 2 h 30, Victoria en ferry) ou l’Idaho.
Côté assiette
- Le saumon sauvage, fumé, grillé sur des planches de cèdre à la façon amérindienne, ou en chowder.
- Les huîtres du Puget Sound et de la baie de Willapa, et le geoduck, une palourde géante à la forme étonnante.
- Les pommes : Washington produit plus de la moitié des pommes américaines. Et les cerises Rainier, jaunes et rouges.
- Le café : Seattle est la ville de Starbucks, mais surtout de centaines de petits torréfacteurs indépendants.
- Le Seattle dog, un hot-dog garni de fromage à la crème et d’oignons grillés, vendu la nuit devant les bars.
- Le teriyaki à la façon de Seattle, du poulet grillé avec du riz, une spécialité locale apparue dans les années 1970.
- Les vins de Walla Walla et de Yakima, surtout les cabernets et les syrahs, et les bières : la vallée de Yakima produit une grande partie du houblon américain.
Culture et anecdotes
- Le grunge est né à Seattle, avec Nirvana (dont Kurt Cobain, originaire d’Aberdeen), Pearl Jam et Soundgarden. Jimi Hendrix y est né en 1942.
- La pluie est un cliché plus qu’une réalité : Seattle reçoit moins de précipitations que New York, mais sous forme de bruine sur beaucoup de jours gris.
- Pas d’impôt sur le revenu dans l’État de Washington.
- La série Twin Peaks 🎬 a été tournée en partie dans la région de Snoqualmie, avec ses célèbres chutes.
- Le mont Rainier est considéré comme l’un des volcans les plus dangereux des États-Unis, à cause de ses glaciers et des coulées de boue qu’il pourrait provoquer.
Quand partir ?
- Été (juillet à septembre) : la meilleure période, sec et ensoleillé, avec les fleurs sauvages au Rainier et toutes les routes de montagne ouvertes. Réservez tôt. En août, les incendies de forêt peuvent parfois voiler le ciel.
- Printemps (avril-juin) : tulipes de la Skagit en avril, cascades à leur maximum, mais pluie fréquente à l’ouest et neige en montagne.
- Automne (septembre-octobre) : couleurs des mélèzes dorés dans les North Cascades et vendanges à l’est.
- Hiver (novembre à mars) : gris et pluvieux à Seattle, ski dans les Cascades. Beaucoup de routes de montagne sont fermées.
Infos pratiques
- Durée conseillée : 10 à 14 jours pour Seattle, les trois parcs nationaux et une île.
- Arriver : l’aéroport de Seattle-Tacoma a des vols directs vers plusieurs villes européennes.
- Se déplacer : la voiture est indispensable hors de Seattle. Les ferries de l’État (Washington State Ferries) font partie du réseau routier : réservez en été pour les îles San Juan, surtout avec une voiture.
- Budget : élevé à Seattle, l’une des villes les plus chères du pays, plus abordable ailleurs.
- Précautions : prévoyez des vêtements de pluie même en été, et vérifiez l’ouverture des routes de montagne (North Cascades, Hurricane Ridge) avant de partir.
- Le conseil en plus : au Rainier, partez très tôt le matin pour trouver de la place au parking de Paradise et voir le sommet avant que les nuages ne montent.
Nos fiches lieux en Washington

Mount Rainier : le volcan géant qui domine Seattle
Un volcan de 4 392 mètres couvert de glaciers, visible depuis Seattle, entouré de prairies de fleurs, de cascades et de forêts anciennes.

North Cascades : plus de glaciers que dans tous les autres parcs américains réunis
Des pics acérés, des centaines de glaciers et des lacs d'un turquoise laiteux, à trois heures de Seattle. Un parc de haute montagne, sauvage et presque sans visiteurs.

Olympic : trois écosystèmes radicalement différents dans un seul parc
Trois parcs en un, dans le nord-ouest de l'État de Washington : des montagnes à glaciers, une forêt pluviale couverte de mousses et une côte sauvage semée de rochers.